Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 16:40

Castellucci

Ces informations sont sur le site du "Théâtre de la Ville".

Communiqué de presse

Romeo Castellucci au Théâtre de la Ville - Paris

20 au 30 octobre : 10 jours de résistance au fanatisme
(le directeur, l’équipe du théâtre et le public n’ont pas cédé aux intimidations)



Les représentations du spectacle de Romeo Castellucci, « Sur le concept du visage du fils de Dieu », au Théâtre de la Ville du 20 au 30 octobre 2011, ont systématiquement été perturbées par des groupes organisés, se réclamant en partie de l’Action française et du Renouveau français. L’Agrif (association contre le racisme anti-blancs et anti-chrétiens) avait demandé par voie de justice l’interdiction du spectacle et avait été déboutée de sa demande par le Tribunal de Grande Instance le 18 octobre 2011, puis par le Tribunal administratif de Paris le 28 octobre.

Nous avons considéré qu'il ne s'agissait pas de la simple perturbation d'un spectacle, mais d'actes violents visant à interdire l'accès du public au Théâtre de la Ville en s'en prenant aux personnes et aux biens.

Devant les nombreuses menaces collectives ou personnelles que nous avions reçues depuis plusieurs semaines, faisant suite à la campagne menée par Civitas, j'avais demandé à la Mairie de Paris de prendre des mesures susceptibles de garantir la sécurité du public, du personnel et des artistes tout en nous permettant d'assurer le maintien des représentations.

Procédures mises en place dès la première représentation :

La présence des forces de police devant le théâtre a permis d’empêcher des groupes de manifestants, dont certains particulièrement violents, d’accéder au théâtre, et de garantir l’accès du public.

Lorsque la scène fut envahie par des personnes munies de billets leur permettant d’entrer dans la salle, je leur ai demandé de la quitter. Déterminé à ce que chaque représentation puisse se dérouler jusqu’à son terme, en cas de refus et dans l’impossibilité d’obtenir ce départ dans le calme et sans violence, avec notre propre personnel et nos agents de sécurité, et afin de prévenir un affrontement entre les manifestants et le public, j’ai été amené à demander à 4 reprises, en ultime recours, l'intervention des forces de l'ordre.

Avant chaque représentation, j’ai informé le public que le Théâtre de la Ville porterait plainte de façon systématique lorsque les représentations seraient perturbées, au titre de l’article 431-1 du Code Pénal qui stipule :

Le fait d'entraver, d'une manière concertée et à l'aide de menaces, l'exercice de la liberté d'expression, du travail, d'association, de réunion ou de manifestation est puni d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende.

Le fait d'entraver, d'une manière concertée et à l'aide de coups, violences, voies de fait, destructions ou dégradations au sens du présent code, l'exercice d'une des libertés visées à l'alinéa précédent est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende.


* * *


Avant d'arriver en France, le spectacle a été présenté en Allemagne, en Belgique, en Norvège, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Russie, aux Pays-Bas, en Grèce, en Suisse, en Italie et en Pologne. Il n'a pas suscité la moindre réaction analogue à celles que nous déplorons aujourd'hui.

Le Théâtre contre le fanatisme

Ces agissements à caractère fascisant sont absolument inadmissibles.
Mes collaborateurs et moi-même, en plein accord avec Romeo Castellucci et son équipe, ainsi que l'ensemble du personnel du théâtre, n’avons cédé sous aucun prétexte à ces menaces et à cette intimidation. Nous entendons défendre au-delà même du spectacle de Romeo Castellucci, la liberté d'expression, la liberté des artistes, la liberté de pensée contre ce nouveau fanatisme. Nous entendons exercer pleinement nos droits et réclamer aux fauteurs de trouble réparation des dommages et préjudices importants qu'ils nous occasionnent.

- Après plusieurs jours de troubles, le Théâtre de la Ville a mis en place un comité de soutien, le Théâtre contre le fanatisme, mercredi 26 octobre. Le texte de ce comité, accompagné d’une première liste de signataires a été mis en ligne sur notre site Internet www.theatredelaville-paris.com.

Je tiens à saluer l'attitude du public lors des représentations. Face à l'agression verbale, puis physique dont il est l'objet, il a réagi avec calme et observé avec patience les mesures de contrôle que nous avons été contraints de mettre en place.

Le Théâtre de la Ville est producteur exécutif de ce spectacle à Paris, et le présentera jusqu’au 30 octobre; puis il sera repris - dans le cadre de notre partenariat - au Centquatre, du 2 au 6 novembre.

Nous souhaitons que le public continue à venir découvrir, en toute liberté, au Centquatre et dans les tous les autres lieux en France et à l’étranger où il sera présenté,  le travail d'un grand artiste que nous sommes fiers de soutenir et d'accompagner.

La ville de Paris a condamné « avec la plus grande fermeté ce type d'action, qui a pour but d' entraver le principe de la liberté de création, et réaffirmé « son soutien à Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du Théâtre de la Ville, à Romeo Castellucci et aux artistes et au personnel du théâtre". Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a condamné l'acte de ces fondamentalistes chrétiens.

Monseigneur André Vingt-Trois, Cardinal Archevèque de Paris, dans une interview à Radio Notre-Dame le 29 octobre, a fermement condamné les actes de violence : « ce qui est significatif, c’est précisément qu’un groupuscule qui se réclame de l’église catholique sans aucun mandat, qui est en fait un groupuscule rattaché au mouvement lefèvriste, fait de la foi un argument de violence. C’est exactement le contraire de ce que nous avons voulu montrer, de ce que nous avons voulu dire. L’authenticité de la foi, ce n’est pas de s’imposer par la violence, c’est de s’imposer par la conviction, par l’appel à la liberté. »

Dix représentations auront été données au Théâtre de la Ville, rassemblant 6 482 spectateurs.  Toutes les représentations ont pu être données dans leur intégralité, mais 4 d’entre elles ont été interrompues par des agresseurs. Le public a été victime de tentatives d’intimidation avant les représentations et a subi les insultes des manifestants à la sortie. Toute l’équipe du Théâtre de la Ville s’est mobilisée à mes côtés malgré une pression totalement inédite exercée quotidiennement. Qu’elle soit ici remerciée.

Emmanuel Demarcy-Mota
Directeur du Théâtre de la Ville


LES FAITS JOUR PAR JOUR


Jeudi 20 octobre 2011

Avant le spectacle :
tentative violente d'intrusion par des militants organisés, avec usage de gaz lacrymogènes ;
enchaînement des portes de la salle dans le but d'en empêcher l'accès ;
utilisation de boules puantes ;
distribution de tracts dénonçant le prétendu caractère « christianophobe » du spectacle, reposant sur des allégations entièrement mensongères ;

Pendant le spectacle :
envahissement de la scène du théâtre par 9 activistes (qui avaient valablement acheté leurs places) interrompant la représentation.
devant l’impossibilité d’obtenir leur départ dans le calme et sans violence, et afin de prévenir tout affrontement avec les spectateurs, j’ai demandé, après 20 minutes d’interruptions, l’intervention des forces de police, afin d’évacuer les agresseurs ;
après leur évacuation, la représentation a repris et s’est poursuivie jusqu’à son terme.

Procédure judiciaire : Dépôt de plainte du Théâtre de la Ville pour violences volontaires en réunion auprès du Commissariat de Police du 17ème arrondissement. 9 personnes en garde à vue.


Vendredi 21 octobre 2011

Avant le spectacle :
deux  activistes se hissent sur la corniche située au dessus des entrées du hall, jettent des œufs sur le public et l’aspergent d’huile de vidange. Plusieurs spectateurs ont leurs vêtements et cheveux souillés, nous sommes en contact avec eux pour la suite à donner à ces agissements.
nous sommes contraints d’aménager l’entrée du public par une sortie de secours située sur le côté du bâtiment, ce qui occasionne de grandes perturbations dans le théâtre pour garantir la sécurité et l’accueil des spectateurs.

Pendant le spectacle :
la représentation démarre à 21h40 et se déroule normalement jusqu’à son terme.


Samedi 22 octobre 2011

Avant le spectacle :
dispositif policier renforcé à l’extérieur du théâtre
sécurisation du lieu par la mise en place de contrôles renforcés (portiques de sécurité) et présence accrue du personnel du théâtre ;

Pendant le spectacle :
deuxième envahissement de la scène du théâtre par un groupuscule de 8  personnes (qui avaient valablement acheté leurs places) interrompant brutalement la représentation, menaçant le personnel et le public ;
à la demande du théâtre, intervention des forces de l’ordre, les agresseurs sont évacués dans le calme
la représentation reprend après une interruption de 10 minutes et se poursuit normalement jusqu’à son terme.

Procédure judiciaire : Dépôt de plainte du Théâtre de la Ville pour entrave à la liberté d’expression déposé auprès du Commissariat de Police du 4ème arrondissement. 8 personnes en garde à vue.


Dimanche 23 octobre 2011

Avant le spectacle :
procédure de sécurisation renforcée avec contrôles accrus

Pendant le spectacle :
troisième envahissement de la scène du théâtre par un groupuscule de 7 personnes (qui avaient valablement acheté leurs places) interrompant la représentation.
les agresseurs sont calmement remis par les agents de sécurité aux forces de l’ordre.
reprise du spectacle après une interruption de 7 minutes et poursuite jusqu’à son terme.

Procédures judiciaires :
dépôt de plainte du Théâtre de la Ville pour entrave à la liberté d’expression déposé auprès du Commissariat de Police du 9ème arrondissement. 7 personnes en garde à vue.
dépôt de plainte par Christophe Girard pour la Mairie de Paris.


Lundi 24 octobre 2011

Location des places Romeo Castellucci :
Tentative de blocage de la vente en ligne sur le site Internet du Théâtre de la Ville par réservation massive de toutes les places disponibles.

20h30, déroulement du concert d’Anouar Brahem, musicien tunisien, prévu dans la programmation.


Mardi 25 octobre 2011

Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du Théâtre de la Ville et son équipe mettent en place un comité de soutien « Le théâtre contre le fanatisme », texte sur le site du théâtre www.theatredelaville-paris.com.

Avant le spectacle :
heurts violents aux abords du théâtre. 138 interpellations.

Pendant le spectacle :
pas d’interruption de la représentation.



Mercredi 26 octobre 2011

Avant le spectacle :
300 manifestants au centre de la place du Châtelet.
premières interpellations devant les portes du théâtre avant le spectacle.

Pendant le spectacle :
première intervention par un groupuscule qui crie et vocifère dans la salle. Evacuation rapide par le personnel du théâtre, le spectacle n’a pas été interrompu.
deuxième intervention par un groupuscule restant dans la salle et utilisant des sifflets. Jet de boules puantes sur le public. Evacuation rapide par le personnel du théâtre. Le spectacle n’a pas été interrompu.
troisième intervention avant la fin de la représentation, cris et vociférations.
malgré ces trois agressions, le spectacle n’a jamais été interrompu, les acteurs ayant suivi les consignes données de continuer à jouer quand cela était possible.
Pendant ces trois interruptions, je suis intervenu pour demander au public de ne pas proférer d’insultes, de ne pas commettre de violence, pour permettre à l’équipe du Théâtre de la Ville de maintenir la représentation, tout en procédant à l’évacuation des agresseurs.

Procédures judiciaires :
dépôt de plainte du Théâtre de la Ville pour entrave à la liberté d’expression déposé auprès du Commissariat de Police du 18ème arrondissement. 19 personnes en garde à vue.
dépôt de plainte par Christophe Girard pour la Mairie de Paris.


Jeudi 27 Octobre 2011

Avant le spectacle :
300 manifestants au centre de  la place du Châtelet, scandant « Castellucci, retourne dans ton pays ».

Pendant le spectacle :
pas d’interruption de la représentation



Vendredi 28 Octobre 2011

l’Agrif est une nouvelle fois déboutée par le Tribunal administratif de Paris de sa demande d’interdiction des représentations au CENTQUATRE

Avant le spectacle :
300 manifestants au centre de la place du Châtelet
    
Pendant le spectacle :
Quelques interventions dans la salle. (nouveau mode opératoire des perturbateurs pour déstabiliser les acteurs et le public)
Insultes envers les spectateurs à la fin de la représentation
Pas d’interruption de la représentation.


Samedi 29 Octobre 2011

Avant le spectacle :
400 manifestants – issus de la manifestation appelée par Civitas - au centre de la place du Châtelet, entourée de tous côtés par les forces de l’ordre. Parmi eux des extrémistes musulmans. Face à face tendu. Un de leurs slogans : « France, jeunesse, chrétienté » Le groupe de manifestants, après avoir tenté une percée, repoussée par un tir de grenades lacrymogènes, a été canalisé. Et deux heures durant, a attendu la sortie des spectateurs, entre prières, chants religieux et slogans. Dispersion vers 23h dans le calme.

Sept personnes ont été interpellées à l’entrée du théâtre pour port d’armes illicite. Pendant le contrôle aux deux portiques de sécurité dans le hall, 4 couteaux et une bombe lacrymogène ont été saisis. De source officielle, c'est la première fois que des couteaux sont saisis en dix jours de protestation. Ce qui est interprété comme la volonté, dans certaines franges de cette mouvance, d'avoir voulu " marquer le coup" samedi soir en passant éventuellement à des actions plus violentes


Pendant le spectacle :
Pas d’interruption de la représentation.


Dimanche 30 octobre 2011

Avant le spectacle :
400 manifestants au centre de la place du Châtelet, entourée de tous côtés par les forces de l’ordre.

Pendant le spectacle :
Pas d’interruption de la représentation.

Démenti envoyé par le Théâtre de la Ville à la presse concernant une information fausse émise par les opposants aux représentations du spectacle, puis relayée par certains média, selon laquelle, pendant le spectacle, des excréments seraient jetés sur le visage du Christ ou bien son visage serait souillé par des excréments.

Lundi 31 octobre 2011

Quelques témoignages sur Internet de catholiques qui récusent le caractère soi-disant blasphématoire du spectacle et parfois dénoncent la manipulation dont ils ont fait l’objet :

Je n’y ai pas vu d’intention blasphématoire. J’en suis même sorti bousculé, marqué. Elle appelle à une vraie réflexion sur la souffrance, sur la compassion de ce fils pour ce vieux père. Compassion du Fils pour notre vieille humanité souillée. Encore une fois, on peut la discuter. Ne pas aimer du tout. Mais je demande à ceux qui hurlent au blasphème : l’avez vous vu jouée ?jusqu’au bout ? Jusqu’à ces derniers mots sur lesquels on termine : « tu es mon berger » Mot lumineux, qui prennent le dessus sur le « not »qui s’insère comme le doute peut parfois attaquer notre confiance… J’en veux à tous ceux qui nous ont instrumentalisés. J’en veux à ceux qui ont envoyé des jeunes au casse-pipe. J’en veux à tous ceux qui se servent de tout cela pour se faire de la pub… Dans la saklle, ce soir-là, 3 jeunes tradis étaient là, venus pour foutre le bazar. Jj’en connaissais un que j’avais donc repéré dans la file d’attente. Par sms, je lui ai dit : « attends, regarde, écoute… puis juge en conscience ». Ils ont rien fait finalement. A la sortie, ils m’ont dit : « on se sent trahi, on nous a menti en criant au blasphème, on a été manipulé. L’abbé X… et l’abbé Y….. nous ont poussés à y aller pour interrompre le spectacle, en nous disant que nos frais de justice seraient payés… On a été manipulés… Abbé Pierre-Hervé Grosjean

Quant à moi, oui, je l’affirme, cette pièce m’a conduite encore plus au Christ… La froideur terrible de cette scène de théâtre où le mobilier suinte la solitude et la mort, cette froideur bousculée par l’incontinence du père et par l’amour de son fils qui se démène pour le soigner et réconforter, cette froideur dominée par la lumière et la puissance qui se dégage du Christ de Messine m’aura renvoyée à deux choses : l’apparente vacuité de notre vie terrestre – tout particulièrement à notre époque – et le seul sens, la seule question qui peuvent y être opposés : le Christ. Le Berger. My shepherd. Myriam Picard – Nouvelles de France


L’équipe du Théâtre de la Ville reste mobilisée pour recueillir les très nombreuses signatures (artistes, intellectuels, scientifiques, politiques,  public…) qui arrivent quotidiennement en soutien au manifeste « Le théâtre contre le fanatisme, Comité de soutien à la liberté de représentation du spectacle de Romeo Castellucci » à l’adresse :
comite-de-soutien-castellucci@theatredelaville.com

 Indiquer dans le corps du mail vos nom, prénom, profession suivis de la mention "Je signe".

Par Ernest.P - Publié dans : oxygène du quotidien
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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 16:38

Sul concetto di volto nel figlio di Dio

Castellucci

Pour signer, envoyez un mail à l'adresse suivante :

comite-de-soutien-castellucci@theatredelaville.com

Indiquer dans le corps du mail vos nom, prénom, profession suivis de la mention "Je signe".


Depuis le 20 octobre, date de la première au Théâtre de la Ville, les représentations de Sur le concept du visage du fils de Dieu de Romeo Castellucci donnent lieu à des événements graves.
Un groupe organisé d’individus qualifiés d’intégristes chrétiens, a tenté a plusieurs reprises d’empêcher l’accès au Théâtre de la Ville en bloquant les portes, en agressant le public, en le menaçant, en l’aspergeant d’huile de vidange, de gaz lacrymogènes et en lui jetant œufs et boules puantes, tandis que leurs complices cherchaient  régulièrement à interrompre les représentations au cri de «La christianophobie, ça suffit ».


L’AGRIF a demandé par voie de justice l’interdiction du spectacle et a été déboutée de sa demande à deux reprises, par le Tribunal de Grande Instance le 18 octobre 2011, puis par le tribunal de Paris le 28 octobre 2011.
La police a dû  intervenir chaque jour à l’entrée du théâtre, et nous nous sommes vus dans l’obligation de l’appeler à l’intérieur de la salle à plusieurs reprises pour qu’elle évacue ceux qui occupaient la scène, ce qui s’est fait sans heurts, parce que nous avons veillé à éviter des affrontements entre ces envahisseurs et le public outré de tels agissements.


Le personnel du théâtre s’est montré résolu et efficace en ces pénibles circonstances, et, malgré les nombreux incidents et interruptions, toutes les représentations prévues au Théâtre de la Ville ont pu avoir lieu.


Que ces groupes d’individus violents et organisés, qui se réclament de la religion contre une soi-disant « christianophobie », obéissent à des mouvements religieux ou politiques, demande une enquête ; pour nous, en tout cas, ces comportements relèvent à l’évidence du fanatisme, cet ennemi des Lumières et de la liberté contre lequel, à de glorieuses époques, la France a su si bien lutter. Le théâtre a d’ailleurs très souvent été pour ces luttes, un lieu décisif.   


On ne peut en rester là. De tels agissements sont graves, ils prennent une tournure nouvelle, nettement fascisante. Ces groupes d’individus s’empressent en outre de décréter blasphématoires, de façon automatique, des spectacles qui ne sont dirigés ni contre les croyants, ni contre le christianisme. Comme en témoignent de la façon la plus claire les textes de Romeo Castellucci, publiés dans le programme distribué au public et l’interview intitulée « La Foi est à mille lieues de l’idéologie » parue dans le journal Le Monde du 27 octobre 2011.


Nous n’entendons pas céder à ces menaces odieuses.
Le spectacle, coproduit par le Théâtre de la Ville sera repris, dans le cadre de notre partenariat, au Centquatre du 2 au 6 novembre avant de poursuivre sa tournée.
Il est d’ailleurs à noter que ce spectacle a été présenté sans troubles en Allemagne, en Belgique, en Norvège, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Russie, aux Pays-Bas, en Grèce, en Suisse, en Pologne et en Italie, et que c’est en France qu’ont lieu ces manifestations d’intolérance.

Nous avons donc créé, dès le début, un comité de soutien s’adressant à toutes les personnes de bonne volonté, pour défendre au-delà même du spectacle de Romeo Castellucci, la liberté d’expression, la liberté des artistes et la liberté de pensée.

Emmanuel Demarcy-Mota, directeur et l’équipe du Théâtre de la Ville.

 

Par Ernest.P - Publié dans : oxygène du quotidien
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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 14:45

CASTELLUCI ROMEO -     Mise sous pression.

castel.jpg

 

 

Oui, il me fut difficile d'en parler, j'ai préféré attendre un peu.

 

Je venais de passer une journée au travail, abrutie par une occupation non intellectuelle.

Théâtre de la ville place du Châtelet, Castelluci.

 

Je suis très surprise, inquiète, pantoise, choquée de voir autant d'uniformes, de camions bleus.

La circulation est pénible, un barrage, un accès, l'endroit est sous contrôle, verrouillé.

 

Des jeunes se parlent, j'entends des remarques que je ne comprends pas,

encore toute engourdie par ce cortège d'hommes bleus, je ne fais pas le rapport.

Puis au kiosque de crèpe où je me fraie un passage, on me dit , armé: "Vous avez un billet"

-Oui, je le regarde avec des yeux ronds.

"Si vous avez un billet passez par là".

 

J'entends des mots à ma droite.

Je me sens obligée de répondre.

"Avez vu la pièce dans son intégralité ?" Dis-je.

Il fait mine de ne pas m'entendre, poursuit sa quête d'empêcheur.

 

J'hume l'air du dehors, j'ai mal à la tête, puis j'avance en direction de l'entrée.

"Bonsoir madame, posez votre sac ici, Pouvez vous me dire ce qu'il contient."

Je suis là, mon sac sur une table, en train d'ouvrir mes diverses trousses,

je suis là, à parler de mon rouge à lèvres, de ma carte de crédit...

Puis, je récupère mon étalage.

Devant moi debout en rang, un autre barrage.

"Bonsoir madame, acceptez vous d'être fouillée?"

_Que puis-je répondre.

"Je suis désolée madame, je fais mon métier."

-Faites.

Une fouille au corps, je n'avais jamais vécu de fouille au corps, une fouille précise, tactile.

Touchée, avec mon sac évidé, les jambes écartées.

On tâte mon pantalon, on entrouvre mes chaussettes, je me sens mal à l'aise.

 

Ceci ne sollicite guère de climat de compréhension ou de solidarité.

Il a toujours les abrutis du théâtre et les autres.

Nous allons au vestiaire lacher nos vestes et sacs.

Nous montons les escaliers.

Nous nous asseyons sur des marches.

 

Nous patientons, sommes nombreux, puis nous rentrons dans cette salle.

Fiers de notre acte de résistance, émus.

Je suis placée en bas, à l'extrême gauche du plateau.

Mon corps et mon coeur peinent à se calmer, il me faut faire le vide.

Nous attendons.

Le directeur du théâtre parle au micro, s'excuse, fait appel à notre sincère compréhension

et à notre patience.

Le spectacle commencera avec une demi heure de retard pour que tout le monde puisse entrer.

 

J'attends, regarde ce plateau, ce visage sublime du Christ immense, ce canapé blanc, cet écran de télé,

ce tapis, ce lit blanc à l'extrême droite du plateau.

 

Que vais-je voir ce soir?

A quoi vais-je assister?

Nous sommes tous un peu sous tension.

Calme, reprendre notre calme, oublier, faire abstraction de l'avant.

Ne pas tenir compte.

Garder le contrôle, se mettre en condition de réceptivité.

 

Puis vient le son.

Fort.

Le noir.

Des hommes avec des brassards sont tout à ma gauche et d'autres de l'autre côté.

Nous sommes ensemble.

 

 

 

Par Ernest.P - Publié dans : oxygène du quotidien
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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 16:29

OUTRAGE AU PUBLIC

 

Compagnie DE KOE.

outrageaupublic pict

 

Ce fut un soir de novembre.

 

le 15, au théâtre de Bastille, j'alla voir une pièce de Peter Handke, avec un soupçon de stress

car  "Outrage au public", le manifeste d'Hanke écrit en 1966 est un texte quasiment impraticable.

En 2011, il est difficile de faire sonner une telle oeuvre, l'exercice de la mise en scène a cela

de casse gueule car comment, sans couper quelques passages, peut on arriver à prononcer

ces mots sans user les nerfs de quiconque?

 

C'est un texte où l'on s'énerve à la lecture car il est lourd à remuer, à prendre sens, il donne le vertige,

ses contradictions ne sont pas suffisament pragmatiques pour une paire d'oreilles de notre époque

et surtout de notre société.

Gavés, nous sommes, de contre sens au quotidien, nos yeux, nos oreilles, nos coeurs peinent

à survivre sans être contaminés par ce quotidien merdique car affolant de vide, injuste et cruel

dans les mises en beauté qui nous sont proposées.

 

"Outrage au public" est un excès, il sature, est strident, ces mots ne sont pas malades, leur transposition

est une danse, une mise en transe du langage, les mot sont usés, la poésie qui en découle

est une provocation, un texte sur la liberté, un texte libre, des mots lachés puis retenus,

remués puis libérés.

Handke donne l'impression de n'avoir travaillé qu'à la surface du sens et il touche

pourtant à des formules sublimes.

Voici ce que je perçu à la première lecture de ce texte.

 

Ici, parfois cela fonctionnait très bien et à d'autres instants, l'impact n'était plus.

 

Au théâtre, le parti pris du sketch peut générer un drôle de climat pour ces mots là,

cela reste gracieux dans l'ensemble.

L'inconfort m'est venu plus tard, ou à force, j'étais bien puis moins.

L'humour, l'accent, la variation offerte ce soir a cela d'intéressant sauf que je les trouve,

en dépit de leur force et de leur justesse, trop proche du public, trop de sympathie pour nous

au point de se demander s'ils vont parvenir à tout casser lors du passage à l'acte

qui est celui des insultes.

 

On sent bien qu'ils nous aiment bien, qu'ils ne nous veulent aucun mal si bien qu'une spectatrice

se permet de poser une question aux comédiens.

Ils répondent tout en gardant le contrôle " Nous ne parlons pas français".

A cela une autre ajoute " Moi, non plus" puis nous on a droit à  un bref topo sur ces origines....

Aïe!!

Les limites d'un tel traitement d' "Outrage au public" sont là.

Les gens se permettent d'intervenir, en pleine représentation, pensant que cela est permis.

Oui, c'est vrai, ils ne cessent de nous amuser en nous faisant exister individuellement :

"les cheveux de monsieur", "les boucles d'oreilles de madame" etc..

Ce qui, pour moi, va à l'encontre du texte, "Outrage au public"dit "nous" et  "vous" sans distinction.

 

Attention toutefois, voilà ce que je me dis à l' instant où cette jeune femme gâche mon plaisir

en scindant mon temps par son existence envahissante, attention ....

 

J'ai du mal à porter un jugement sévère quant à leur travail mais j'ai senti leur gêne.

Ce qu'ils ont eu du mal à gueuler! A tout casser!

Et comme ils étaient embarrassés par les insultes qu'ils devaient proférer....

C'est dur d'en mettre plein la gueule à des gens que l'on traite si gentiment.

 

Cette  mise en scène change le ton, la donne presque car ils se sont placés du côté des spectateurs

et de leur outrage, ne le partageant pas en nous donnant  trop de confort, il nous dédouane,

nous décomplexe.

 

Je reste indulgente car voilà bien un texte quasiment impossible à monter et qu'ils sont, en outre,

de très bon comédiens.

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Ernest.P - Publié dans : oxygène du quotidien
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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 15:57

androBonjour vous, Bonjouir, oui, j'aurais pu dire cela.

Hélas.

 

Ce soir là, il y avait Théâtre, peu habituel vu mes finances mais je suis allée voir une pièce

tragique d'un auteur classique, "Andromaque" , Racine parce que rien ne peut contrer l'amour de ma langue .

Alors, pensant à ce  trésor, le coeur battant à pleine volée, emportant avec moi mon immense désir

de me trouver dans cet endroit là, face à ces comédiens dignes, emmenée loin de mon quotidien

par la grâce de cette langue française puissante, arrachée à ce travail alimentaire, enfin, Enfin!!!!!

Ah!! Salutaire indépendance financière, offre moi cette place!!!

Oui, j'y étais, oui, je suis là, assise au balcon, ca balcon de droite, cette place là, place 25,

le coeur d'humeur cogneur, aïe, la foi des mots serrant ma gorge, prise par une quinte de toux, 

faites que cela commence, j'ai chaud.... Je suis de tout coeur avec vous me dis-je,

je pense à ces comédiens et à leur travail d'avant scène...

Ah! ce plateau de la Comédie française, c'est quelquechose, cette salle Richelieu....

Ah! Qu'il fait bon être là parfois voilà mon humeur de ce soir là, certes les décors sont vilians

mais bon soyons indulgentes, j'attends que mon souffle se coupe! Que mes larmes frottent mes joues!

Je rêve, je plaisante.

 

Non!!NON!!

Cette musique, ce décors, ces colonnes....Ce bleu du mur du fond, ces costumes.....

Pas de magie, pas d'embardée, tout est terne, froid, ça ne fonctionne pas, le public n'est pas attentif,

les gens se regardent et toussent ou dorment.

 

A peine plus d'un quart plus tard, je suis inquiète, je ne sens pas leur mot,

je ne traverse pas cette stratosphère langage, cette membrane temps racinienne, rien, quoi?

Rien, cet instant, mes instants, rien ne se passe ni ne se passa.

 

Quelle tristesse de voir ainsi Mr Ruf que j'admire! aussi moyen et quelle mauvaise direction d'acteurs,

Brune est à côté, coupe ses vers et Hermione n'a aucune voix, aucune profondeur, si maladroite,

trop petite pour son personnage. Oreste commençait pas mal puis pris par un brouillard devient inaudible.

Aurélien recoing sonne faux.

Tout marche de travers, pas de souffle, pas de vie, Mayette leave us alone!

 

Ah! je suis triste, confusément triste, cette soirée s'achève et crève comme une rien.

 

Bordel, tout ça, je repars refroidie sur mon vélo, je traverse les rues de mon Paris adoré,

portée par rien,

agacée.

 

Ratée, rien de plus à ajouter, ratée fut cette représentation.

 

 

ernest.

 

 

 

 

 

Par Ernest.P - Publié dans : oxygène du quotidien
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